Algérie : la police en marche

Puisque ce blog veut parler d’images, il faut savoir qu’en Algérie, s’il y a des images bien difficiles à faire et donc à voir, ce sont celles des forces de sécurité. Militaires, policiers, gendarmes, forces d’intervention, il est interdit de les prendre en photo. Mais cette semaine, l’actualité s’est emballée. Et les policiers se sont affichés dans la presse et sur les écrans de télé. Car pour la première fois dans l’histoire du pays, ils ont manifesté.

Lundi, à Ghardaia, une ville du sud du pays où des affrontements entre habitants ont lieu de façon cyclique depuis plus d’un an, les forces de maintien de l’ordre ont refusé de rejoindre leur poste puis ont défilé à pied dans la ville.

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Le lendemain, dans la capitale, des brigades quittent les casernes et marchent en direction du centre-ville d’Alger, à pied, le long de l’autoroute, jusqu’au Palais du Gouvernement. Là ils demandent à être reçus par le ministre de l’Intérieur. Le premier groupe arrive à 16 h. A 23 h, ils sont plusieurs centaines, à lancer des slogans demandant le départ du chef de la police. Ils revendiquent de meilleures conditions de travail et, entre autres, des augmentations de salaire.

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Le rassemblement tient bon malgré la nuit, malgré la pluie, les journalistes des télévisions étrangères en arabe font des directs devant les manifestants, les journalistes sont des dizaines à attendre le dénouement. On croit avoir vu le plus incroyable, on a tort. Au cours de la nuit, ces centaines de manifestants vont marcher encore 5 kilomètres jusqu’au Palais de la Présidence de la République. Ils vont dormir sur les pelouses. Et mercredi matin, des représentants rencontrent des conseillers du ministre de l’Intérieur. Les autres patientent, tentant de s’abriter de la pluie, au pied des bâtiments qu’habituellement, personne ne peut approcher.

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Et soudain, de grands coups de sifflet battent le rappel. Des centaines d’hommes sortent des rues avoisinantes et se rassemblent au centre de la place. Au bout de quelques minutes, ils se retournent et marchent vers le palais présidentiel. Personne pour les arrêter. Certains passeront les grilles. La plupart s’arrêteront devant. Ils chantent l’hymne national, des chants patriotiques et demandent à voir le premier ministre.

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Dans la soirée, le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal a fini par rencontrer les manifestants. Le gouvernement est d’accord pour faire évoluer les conditions de travail et les salaires, mais refuse de discuter du sort du chef de la police. Le lendemain, quelques dizaines de manifestants reviendront manifester, mais finiront par quitter les lieux dans le calme.

L’Algérie a eu son image de l’année.

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(Page issue du journal El Watan Week-End du 17 octobre)

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(Unes des journaux Le Quotidien d’Oran et El Watan Week-End)

 

 

 

 

 

 

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Leïla
Leïla. Journaliste. Algiers city.

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